Douleurs cervicales : l’ostéopathie est-elle la solution ? Comprendre l’origine de vos tensions et les bénéfices d’un soin global

Les douleurs cervicales font partie des troubles les plus fréquents dans la vie moderne.
Avec l’essor du télétravail et l’usage intensif des smartphones, de plus en plus de personnes souffrent chaque année de raideurs chroniques du cou, de douleurs ou d’inconfort.

Même après une consultation en orthopédie avec radiographie ou IRM, il n’est pas rare d’entendre : « Il n’y a pas d’anomalie osseuse » ou « Nous allons surveiller l’évolution quelque temps », avec pour seule prise en charge des antalgiques ou des patchs anti-inflammatoires.

Cependant, l’absence d’anomalie visible à l’imagerie ne signifie pas forcément qu’il n’y a pas de problème.
Alors, comment l’ostéopathie aborde-t-elle ce type de douleur cervicale ?
Dans cet article, à partir d’études internationales et de données cliniques, nous expliquons de manière claire la vision ostéopathique et les bénéfices potentiels de l’ostéopathie pour les douleurs cervicales.

Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

L’ostéopathie est une thérapie manuelle née aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Elle repose sur l’idée que le corps forme un système global et interconnecté, capable par nature de s’autoréguler et de récupérer.

L’une des particularités de l’ostéopathie est la suivante : « l’endroit où la douleur se manifeste n’est pas nécessairement l’endroit d’où elle provient ».
Autrement dit, l’ostéopathie n’évalue pas seulement la zone douloureuse, mais l’ensemble du corps.
En Europe, et en particulier en France, l’ostéopathie est reconnue et encadrée comme profession (ostéopathe). Elle est connue comme une approche de soin visant à améliorer l’état général en évaluant non seulement les muscles et les articulations, mais aussi l’équilibre et le fonctionnement du système nerveux, de la circulation et de la respiration. Pour les troubles chroniques comme les douleurs cervicales, certaines personnes ont recours à l’ostéopathie en complément d’un suivi médical.

La majorité des douleurs cervicales sont dites « non spécifiques »

D’un point de vue médical, une grande partie des douleurs cervicales relève de la catégorie des cervicalgies non spécifiques.
Cela désigne une douleur persistante alors qu’aucune anomalie évidente n’est mise en évidence aux examens, comme une fracture, une compression nerveuse manifeste, une infection ou une tumeur.

Pourquoi la cause n’est-elle souvent pas clairement identifiable ?

La douleur cervicale ne provient pas uniquement d’un problème des os ou des disques intervertébraux.
Elle résulte souvent de plusieurs facteurs qui se combinent, comme :

  • des tensions musculaires et fasciales (raideur ou sensation de tiraillement dans le cou)
  • de légères restrictions de mobilité articulaire
  • un système nerveux devenu plus sensible
  • des facteurs psychologiques comme le stress ou le manque de sommeil

Comme plusieurs éléments interviennent en même temps, il est fréquent qu’aucune cause unique ne puisse être clairement identifiée.
En ostéopathie, la douleur cervicale n’est toutefois pas considérée comme un symptôme isolé. Elle est envisagée comme l’expression d’un déséquilibre global du corps. C’est pourquoi l’examen ne se limite pas au cou : d’autres zones, comme la tête ou la région lombaire, sont également évaluées.

Le point de vue de l’ostéopathie : on ne regarde pas uniquement le cou

En ostéopathie, on ne part pas du principe que « puisque le cou fait mal, il faut traiter uniquement le cou ».
En effet, la douleur cervicale est souvent liée à des éléments plus larges qui concernent l’ensemble du corps, tels que :

La raideur du rachis thoracique ou des côtes
Lorsque la cage thoracique bouge moins bien, le cou compense en bougeant davantage, ce qui concentre les contraintes à ce niveau.

La mobilité des omoplates et des clavicules
Si les omoplates ne bougent pas correctement, les muscles du cou et des épaules ont davantage tendance à rester en tension.

L’équilibre du bassin et du tronc
Lorsque la base du corps est déséquilibrée, l’alignement de toute la colonne vertébrale peut être perturbé, ce qui influence aussi le cou.

La respiration et le système nerveux autonome
Une respiration superficielle et le stress peuvent accentuer les tensions du cou et des épaules.

L’ostéopathie est souvent envisagée par des personnes qui présentent notamment les difficultés suivantes :

  • une sensation constante de lourdeur au niveau du cou et des épaules à cause du travail de bureau
  • de longues heures passées sur smartphone avec une douleur à la base du cou
  • des tensions cervicales importantes avec une sensation de lourdeur à l’arrière de la tête
  • une mauvaise posture ou une rectitude cervicale, connue sous le nom de « cou texto »
  • un soulagement temporaire après un massage, suivi d’une récidive rapide
  • des symptômes persistants malgré un avis médical rassurant indiquant qu’il n’y a « rien d’anormal »

Dans ce type de situation, il est possible que d’autres zones que le cou lui-même, ainsi que la manière d’utiliser le corps au quotidien, jouent aussi un rôle.

Les effets possibles de l’ostéopathie sur les douleurs cervicales

Des essais contrôlés randomisés menés à l’étranger chez des personnes souffrant de douleurs cervicales chroniques ont montré qu’après trois à quatre séances de techniques ostéopathiques réparties sur environ quatre à six semaines, on observait non seulement une diminution de la douleur et de la gêne fonctionnelle, mais aussi une amélioration de symptômes associés tels que le sommeil, la fatigue et l’humeur dépressive.

La conclusion de cette étude indique que l’ostéopathie peut contribuer à réduire la douleur cervicale et la gêne fonctionnelle, avec un bon niveau de sécurité relative et un coût raisonnable. À ce titre, elle peut être envisagée comme l’un des moyens de prise en charge de la douleur chronique.
Référence : PMC
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9054945/

Par ailleurs, une étude ayant évalué l’association entre l’ostéopathie et l’exercice thérapeutique a rapporté une réduction plus importante de la douleur et une amélioration plus nette de la fonction par rapport à l’exercice seul.
Référence : PMC
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32507144/

Les techniques utilisées en ostéopathie

Dans la prise en charge ostéopathique des douleurs cervicales, plusieurs techniques peuvent être associées selon l’état de la personne.

1. Approche du crâne et de la mâchoire
Le crâne et la mâchoire (l’articulation temporo-mandibulaire) sont étroitement liés aux muscles du cou, au système nerveux et au système nerveux autonome. Le serrage des dents, le bruxisme ou certains déséquilibres posturaux peuvent contribuer à des troubles du cou et d’autres zones du corps.
Dans cette approche, l’ostéopathe évalue les micromouvements du crâne et la mobilité autour de l’articulation de la mâchoire, puis effectue des ajustements doux. Sans utiliser de force importante, l’objectif est d’apaiser l’hypertonie du système nerveux et de favoriser un état global plus propice au relâchement.

2. Approche de la respiration et du diaphragme
Les tensions du diaphragme et de la cage thoracique, impliqués dans la respiration, peuvent avoir une influence sur le système nerveux autonome ainsi que sur les tensions musculaires du cou et des épaules. Cette approche vise à améliorer la mobilité du tronc et du thorax afin de faciliter la respiration, avec pour objectif une détente générale et une diminution des tensions.
Cette technique est souvent utilisée chez les personnes souffrant de douleurs cervicales persistantes ou chez celles qui se sentent facilement stressées ou fatiguées.

3. Approche fasciale et tissulaire
Une pression douce ou une stimulation légère est appliquée aux muscles, aux fascias (fines membranes entourant les muscles) et aux autres tissus mous afin de diminuer la raideur et les tensions. Les muscles du cou et des épaules ont tendance à se contracter avec le travail prolongé au bureau ou lors de périodes de stress, ce qui peut altérer la circulation et le fonctionnement nerveux.
Comme ces techniques n’utilisent pas de force importante et accompagnent le relâchement naturel du corps, elles sont généralement bien tolérées, y compris par les personnes sensibles aux stimulations plus fortes.

4. Manipulation articulaire, selon l’indication
La technique est utilisée lorsque la mobilité articulaire est limitée. Elle consiste à appliquer un mouvement rapide, de faible amplitude, pour restaurer la mobilité. Elle est souvent connue comme la technique qui peut parfois produire un craquement, mais l’objectif n’est pas le bruit en lui-même.
Si, lors de l’examen préalable, cette technique n’est pas jugée adaptée, elle n’est pas réalisée de manière forcée.

5. Technique d’énergie musculaire
La technique d’énergie musculaire est une méthode qui mobilise légèrement la force musculaire du patient lui-même. En suivant les consignes du praticien et en répétant la séquence « contracter légèrement → relâcher », il est possible de réduire les tensions musculaires déséquilibrées et d’améliorer la mobilité articulaire.
Comme cette méthode utilise la propre force du patient, elle est connue pour être peu contraignante pour le corps.

6. Mobilisation articulaire
La mobilisation consiste à faire bouger lentement les articulations afin d’améliorer les restrictions de mobilité et de favoriser la circulation des liquides autour des articulations. Elle peut aussi contribuer à l’élimination des déchets métaboliques dans les tissus et à un meilleur apport en nutriments. Comme il s’agit d’une méthode douce, avec des mouvements de faible amplitude dans une zone sécurisée, elle convient aussi aux personnes appréhendant les gestes brusques ou les stimulations fortes.

Le déroulement d’une séance

L’une des caractéristiques de l’ostéopathie est qu’on ne commence pas par traiter directement le cou. Le praticien évalue d’abord soigneusement l’état actuel, puis avance de manière progressive en tenant compte de l’équilibre global du corps.
Le déroulement général est le suivant :

1. Entretien
Le praticien recueille des informations sur la manière dont la douleur apparaît, le mode de vie, la posture et les antécédents médicaux.

2. Évaluation globale du corps
Le cou n’est pas le seul point observé : le crâne, les épaules, le dos, le bassin et la respiration sont également évalués.

3. Traitement adapté à l’état de la personne
Les techniques les plus appropriées sont choisies et combinées de manière progressive et adaptée.

4. Conseils pour la vie quotidienne
Des conseils simples peuvent être donnés concernant la posture et l’auto-soin.

L’ostéopathie : une solution reconnue pour vos cervicalgies

L’ostéopathie est une thérapie manuelle qui considère la douleur cervicale non pas uniquement comme un problème localisé au cou, mais comme l’expression d’un déséquilibre de l’ensemble des fonctions et de l’équilibre du corps.
Bien qu’une certaine utilité ait été mise en évidence pour les douleurs cervicales, elle ne donne pas les mêmes résultats dans toutes les situations. Dans ce contexte, l’ostéopathie, qui adapte sa prise en charge aux symptômes et au mode de vie de chaque personne, peut être considérée comme une option de confiance.


Article supervisé par : Yoko Kondo, Ostéopathe D.O. Yoko Kondo

Diplôme
Titulaire du Diplôme d’Ostéopathe (D.O.) du CSO Paris (Conservatoire Supérieur d’Ostéopathie), établissement de formation agréé par le ministère français de la Santé.

Parcours
Originaire de Tokyo, elle a effectué son cursus de cinq ans au sein du CSO Paris, où elle a acquis une solide expertise en médecine théorique et en techniques ostéopathiques.

Elle a suivi un cursus spécialisé ainsi qu’une formation clinique approfondie dans des domaines variés : la pédiatrie, l’obstétrique, la médecine du sport, ainsi que les soins de support en oncologie.

Après avoir exercé en cabinet à Paris, elle apporte aujourd’hui son expertise à Tokyo auprès d’une patientèle internationale.